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Actu - Actu TGV
Écrit par Catherine   
Vendredi, 29 Mai 2009 19:30

LGV : le tracé sud passant par Toulon de nouveau sur les rails

Extrait de Var Matin

Info ou intox ? Dans l'épineux dossier de la ligne à grande vitesse (LGV), chaque annonce est à prendre avec des pincettes. « Échos informels », fuites du monde politique : tout le monde possède le bon tuyau concernant le tracé que proposera le médiateur dans son rapport le 15 juin. Et censé éclairer le choix du ministre Jean-Louis Borloo, lequel tranchera le 30 juin.

Un mois avant cette date, l'association Stop TGV Coudon est sûre de ses sources : le médiateur Yves Cousquer opterait pour le tracé des métropoles du Sud. Une ligne passant par Marseille et Toulon et contre laquelle cette association se bat depuis le début. Furieux, les membres de l'association ont distribué ces jours-ci 56 000 tracts, en attendant « des actions fortes dès la sortie du rapport », si besoin.

Énorme pression

« La pression a été énorme pour abandonner le tracé par le nord », analyse Olivier Lesage, président de Stop TGV Coudon. La ligne longeant l'autoroute A8 avait, c'est vrai, provoqué la fureur de la maire d'Aix-en-Provence, sous prétexte que les paysages de Cézanne allaient être massacrés. La bouillante Maryse Joissains avait même manifesté à Paris sous les fenêtres du ministre de l'écologie en compagnie d'élus de sa région.

L'abandon de la ligne nord réjouirait aussi Horace Lanfranchi, le président du conseil général (et élu du canton de Saint-Maximin), qui avait juré que jamais, il ne laisserait le Var être coupé en deux par des rails.

Enfin, une LGV faisant halte à Toulon aurait aussi de quoi satisfaire son maire Hubert Falco, dont la ville ne serait pas oubliée. « À part que je ne vois pas trop où on mettrait la gare, en plein centre de Toulon, comme on le dit. Il faudra aussi un grand parking à proximité. C'est de la folie », critique Olivier Lesage.

Ce dernier, qui se sent un peu abandonné du monde politique, peut compter quand même sur le soutien de la communauté de communes de la vallée du Gapeau. Son président André Geoffroy a écrit au médiateur pour dire tout le mal qu'il pensait de cette ligne sud. « Mais je ne me fais aucune illusion, soupire, désabusé, cet élu. Tout ce qu'on peut faire ou dire, c'est du vent. On n'a plus qu'à s'écraser si l'État a décidé de réaliser le tracé le plus cher, le plus destructeur pour l'environnement. On ne va pas perdre notre temps à faire des recours ».

Retour à la case départ

A contrario enfin, l'association Toulon Avenir, qui a cosigné un rapport avec la Fnaut (1) à destination du médiateur, pour démontrer les intérêts de la ligne sud, aime à croire qu'elle a enfin été entendue. « Le tracé sud, c'est zéro défaut à l'ouest de Toulon et, à l'est, les mêmes problèmes qu'ailleurs. On peut difficilement imaginer dépenser 9 milliards d'euros en oubliant Marseille et Toulon », résume son président Valentin Gies.

La bataille du rail, qui avait démarré par une opposition dans le sud, avant de se déplacer vers le nord, va donc retourner à sa case départ. En ayant gagné peut-être, au fil des mois, un certain consensus politique. Ce qui était aussi, au fond, une des missions assignées par Jean-Louis Borloo au médiateur.

1. Fnaut : fédération nationale des usagers des transports.

Catherine Aubry

Var-Matin

Mise à jour le Dimanche, 30 Mai 2010 12:55